Vous avez préparé un projet pendant des mois. Il ne se concrétise pas. Une relation professionnelle se dégrade alors que vous pensiez avoir posé des bases solides. Vous avez beaucoup donné à votre travail et, un matin, vous vous demandez combien de temps vous pourrez encore tenir à ce rythme.
Dans ces moments-là, entendre « il faut en faire une opportunité » peut être difficile à supporter. Vous auriez surtout besoin de comprendre ce qui se passe, de retrouver un peu d’énergie et de savoir par où commencer.
En tant que formatrice et directrice d’un centre de formation d’adultes, je m’intéresse à cette question très concrète : comment retrouver des possibilités de choix quand une situation semble nous enfermer ?
La PNL et le coaching proposent des façons d’examiner nos interprétations, nos réactions et nos décisions. Ces outils ne changent pas ce qui s’est produit. Ils peuvent en revanche nous aider à ne pas laisser une difficulté décider de toute la suite.
Quand une difficulté commence à parler à votre place
Prenons une situation fictive, mais familière : vous n’obtenez pas le poste que vous espériez.
Le fait tient en une phrase : votre candidature n’a pas été retenue. Pourtant, dans votre tête, une autre histoire se construit : « À mon âge, plus personne ne voudra de moi. » Puis viennent les conséquences : vous hésitez à postuler ailleurs, vous minimisez votre expérience, vous arrivez au prochain entretien en vous excusant presque d’être là.
Le refus est réel. La conclusion sur votre avenir reste à vérifier. Mais elle commence déjà à orienter votre comportement.
C’est l’un des points auxquels je suis attentive dans mon approche de la PNL : la manière dont nous décrivons une expérience peut réduire ou élargir les réponses que nous envisageons.
Distinguer les faits de nos conclusions
Dire « je suis incapable de diriger » laisse peu de place pour agir. Dire « je ne sais pas encore comment mener cette conversation difficile avec mon équipe » désigne une compétence à travailler. Le problème devient plus précis, et il devient possible de chercher une aide adaptée.
Pour commencer, écrivez deux phrases :
- Ce qui s’est passé, en vous limitant aux éléments observables.
- Ce que vous en avez conclu sur vous-même ou sur votre avenir.
Puis demandez-vous : « Qu’est-ce qui me permet de tenir cette conclusion pour certaine ? Quelles informations me manquent ? »
Vous n’avez pas besoin de remplacer une pensée douloureuse par une pensée positive. Cherchez une formulation plus exacte. « Je ne suis pas capable » peut devenir : « Cette fois, je n’ai pas obtenu le résultat espéré et je ne sais pas encore précisément pourquoi. »
Cette phrase laisse une enquête possible.
Ce que vos mots permettent de repérer
En PNL, le méta-modèle est un ensemble de questions qui aide à préciser le langage. Son intérêt apparaît dans les phrases que nous prononçons sans toujours les examiner.
« Je rate toujours tout. » Tout, vraiment ? Sur quelle période ? Qu’avez-vous malgré tout réussi à préserver ?
« On ne me respecte pas. » Qui précisément ? Quel comportement vous conduit à le penser ? Qu’attendiez-vous de cette personne ?
« Je n’ai pas le choix. » Entre quelles options avez-vous regardé ? Qu’est-ce qui rend chacune d’elles difficile ou coûteuse ?
Ces questions ne servent pas à vous donner tort. Si une personne vous rabaisse ou ne respecte pas ses engagements, chercher de la précision permet aussi de nommer plus clairement ce qui est inacceptable.
Préciser une situation plutôt que généraliser
Prenez la phrase « mon équipe ne s’implique plus ». Tant qu’elle reste générale, vous risquez de répondre par un reproche général. Si vous précisez « depuis trois semaines, deux personnes ne transmettent plus leurs informations avant la réunion », vous disposez d’un sujet de discussion concret.
Essayez avec une phrase qui revient souvent en ce moment. Repérez les mots « toujours », « jamais », « personne », « tout » ou « obligé ». Choisissez-en un et posez une question de précision.
Ne vous soumettez pas à un interrogatoire. Une seule question bien choisie peut suffire à faire apparaître une nuance utile.
Respecter ce qui compte pour vous avant de chercher une solution
Une difficulté peut toucher bien davantage que le résultat visible.
Un projet abandonné peut remettre en cause votre sentiment d’utilité. Une collaboration qui se termine peut vous atteindre dans la confiance que vous accordez aux autres. Une reconversion peut vous enthousiasmer tout en vous faisant craindre de perdre votre sécurité financière ou votre place dans la famille.
Dans un accompagnement, aller trop vite vers « et maintenant, qu’allez-vous faire ? » risque de laisser de côté ce qui rend justement la décision difficile.
Identifier ce que vous avez besoin de préserver
Avant de dresser un plan, prenez le temps de compléter cette phrase :
« Ce qui me touche particulièrement dans cette situation, c’est… »
Puis précisez :
« Ce que j’aurais eu besoin de préserver, c’est… »
Vous identifierez peut-être une valeur : la loyauté, la liberté, la reconnaissance, la sécurité. Ou un besoin très concret : des revenus stables, un délai, une répartition plus juste du travail.
Cela vous aidera à comprendre pourquoi une solution apparemment raisonnable ne vous convient pas. Accepter immédiatement un nouveau poste peut sécuriser votre revenu tout en vous replongeant dans des conditions dont vous cherchiez à sortir. Renoncer à ce poste peut préserver votre liberté, mais créer une inquiétude financière bien réelle.
Le travail consiste alors à examiner ces conséquences, sans juger la part de vous qui veut avancer ni celle qui hésite.
Retrouver des ressources à partir de ce que vous savez déjà faire
Face à un problème nouveau, nous pouvons oublier que nous avons déjà traversé des situations exigeantes. Les circonstances diffèrent, mais certaines capacités restent disponibles.
Cherchez un moment précis où vous avez su poser une limite, demander de l’aide, apprendre quelque chose de difficile ou rester clair dans une discussion tendue. Inutile de trouver un exploit.
Revenir aux détails utiles
- Qu’avez-vous fait exactement ?
- Qu’aviez-vous préparé ?
- Sur qui ou sur quoi vous étiez-vous appuyé ?
- Qu’est-ce que vous pourriez reprendre aujourd’hui ?
« J’avais confiance » est difficile à reproduire sur commande. « J’avais écrit les deux points que je voulais aborder et demandé à une collègue de m’aider à préparer l’entretien » vous donne une méthode.
C’est une façon concrète de travailler avec les ressources en PNL : retrouver dans une expérience les éléments que vous pourriez mobiliser ailleurs.
Si aucun souvenir ne vous vient, vous pouvez chercher autour de vous. Une ressource peut être une personne compétente, une formation, un conseil extérieur ou du temps dégagé dans votre agenda. Vous n’avez pas à posséder seul toutes les réponses.
Définir un objectif sur lequel vous pouvez réellement agir
« Je veux qu’il reconnaisse ses torts. »
« Je veux que mon responsable me fasse confiance. »
« Je veux ne plus avoir peur. »
Ces souhaits sont compréhensibles. Leur réalisation dépend toutefois, au moins en partie, d’une autre personne ou d’un état intérieur que vous ne pouvez pas commander.
En coaching, préciser l’objectif permet de chercher ce que vous pourrez effectivement mettre en œuvre.
Passer d’un souhait à une action possible
Vous pouvez préparer une demande de clarification, exposer un désaccord avec des exemples précis ou demander un retour sur votre travail. Vous pouvez aussi vous préparer à une conversation tout en sachant que vous serez peut-être encore inquiet au moment de la commencer.
Une formulation utile serait : « Lors de notre prochain entretien, je veux présenter les faits qui me préoccupent, formuler ma demande et vérifier les engagements que nous pouvons prendre. »
Vous saurez ensuite ce que vous avez pu faire et ce qui reste sans réponse.
Pour préciser votre propre objectif, demandez-vous :
« Qu’est-ce que je veux obtenir concrètement ? Quelle part dépend de mon action ? À quoi verrai-je que j’ai avancé ? »
Ajoutez une question parfois oubliée : « Quel prix suis-je prêt à payer pour y arriver, et lequel est trop élevé ? »
Obtenir un accord au prix de votre santé, de votre équilibre financier ou d’un renoncement important mérite d’être regardé avant de vous engager.
Changer de regard sans excuser ce qui vous a fait du tort
Le recadrage est souvent présenté comme une manière de voir les choses autrement. Encore faut-il que ce nouveau regard reste crédible.
Si une collaboration vous a coûté beaucoup d’énergie, vous n’êtes pas obligé de vous dire que c’était une chance. Vous pouvez reconnaître la perte et examiner ce que vous souhaitez désormais vérifier avant de vous engager : les responsabilités, les conditions de sortie, les attentes réciproques.
Vous ne maîtrisez pas le comportement futur de l’autre. Vous pouvez améliorer votre manière de choisir, de formaliser un accord et de réagir aux premiers écarts.
Tirer des enseignements sans généraliser
Attention cependant à la conclusion que vous tirez. Après une déception, décider « je ne ferai plus jamais confiance » peut vous protéger d’une nouvelle proximité, mais vous priver aussi de collaborations utiles.
Une autre règle serait : « Je vais accorder ma confiance progressivement, avec des engagements explicites et des points de suivi. » Elle vous donne des critères pour agir.
L’apprentissage devient utile lorsqu’il modifie quelque chose dans vos pratiques. Sinon, il risque de rester une idée que vous comprenez très bien sans parvenir à l’appliquer.
Préparer le moment où vous risquez de revenir à vos habitudes
Vous avez décidé de poser une limite. Puis la personne insiste, vous craignez de la décevoir et vous acceptez encore.
Vous souhaitez changer de voie. Mais dès qu’une démarche devient concrète, vous cherchez de nouvelles informations et repoussez la décision.
Vous voulez déléguer. À la première erreur, vous reprenez tout.
Il est alors intéressant de regarder ce qui se passe juste avant votre réaction habituelle. Quelle situation la déclenche ? Que vous dites-vous à ce moment-là ? Qu’essayez-vous de préserver en agissant ainsi ?
Peut-être cherchez-vous à éviter un conflit, une erreur visible ou un sentiment de culpabilité. Cette fonction mérite d’être comprise. Vous pourrez ensuite chercher une réponse qui vous protège sans reproduire exactement le même coût.
Préparer une autre réponse
Préparez une alternative assez simple pour être utilisée sous pression.
Si vous dites oui trop vite, vous pouvez prévoir : « Je regarde ce que cela implique et je vous réponds demain. » Si vous reprenez systématiquement une tâche déléguée, convenez à l’avance d’un point de contrôle plutôt que d’attendre que l’inquiétude vous pousse à intervenir.
Imaginez ensuite la scène : où serez-vous, que risque de dire votre interlocuteur, quelle phrase allez-vous employer ? Cette préparation ne garantit pas le résultat. Elle permet de repérer ce qui manque encore avant la situation réelle.
Un exercice pour passer de la réflexion à une décision
Choisissez une difficulté actuelle, suffisamment précise pour être examinée. Réservez vingt minutes et une feuille.
1. Décrivez la situation. Que s’est-il passé ? Quels éléments sont vérifiables ? Écartez provisoirement les jugements sur votre valeur et les suppositions sur les intentions des autres.
2. Repérez ce que vous vous dites. Quelle phrase revient ? Questionnez un mot trop général ou une conclusion que vous traitez comme certaine.
3. Nommez ce qui compte. Qu’avez-vous besoin de préserver ? Quelle limite souhaitez-vous respecter dans la suite ?
4. Choisissez une action à votre portée. Un entretien à demander, une information à vérifier, une condition à clarifier, une aide à solliciter. Précisez quand vous le ferez et ce que cette action doit vous permettre de savoir ou d’obtenir.
5. Prévoyez un point de retour. À quelle date regarderez-vous le résultat ? Qu’observerez-vous pour décider de poursuivre, d’ajuster ou de vous arrêter ?
Par exemple, « réfléchir à ma reconversion » peut occuper vos soirées pendant des mois. « Cette semaine, je vais interroger une personne qui exerce ce métier sur son quotidien, ses contraintes et ses revenus de départ » vous permettra de confronter votre projet à des informations concrètes.
Si même cette démarche vous semble trop lourde, réduisez-la : rédigez les questions ou demandez à quelqu’un de vous aider à préparer le contact.
Vous pouvez avancer sans avoir déjà trouvé un sens à tout
Je tiens à cette nuance : aucune méthode ne donne le pouvoir de tout supporter, et une épreuve ne produit pas automatiquement un apprentissage. Les moyens dont nous disposons, notre fatigue et le soutien autour de nous comptent aussi.
La PNL et le coaching offrent des outils pour examiner une situation, préciser un objectif et essayer d’autres réponses. Leur intérêt se mesure à ce que vous pourrez en faire dans votre vie : une conversation mieux préparée, une décision moins précipitée, une limite enfin formulée.
C’est dans cet esprit que j’enseigne au Collège Romand. Un outil prend son sens lorsqu’une personne peut se l’approprier et l’utiliser avec discernement, dans son contexte.
Vous n’avez pas besoin de savoir aujourd’hui ce que cette période vous aura appris dans cinq ans. Vous pouvez commencer plus près : identifier ce qui vous pèse, préciser ce dont vous avez besoin et choisir la prochaine démarche. Elle sera peut-être modeste. Vous pourrez en observer l’effet, puis décider de la suite.
Comment reprendre confiance en soi après un échec ?
Après un échec, il arrive que l’on remette en question bien plus que le résultat obtenu. « Je n’ai pas réussi » devient « je ne suis pas capable ». Pour reprendre confiance, commencez par distinguer ce qui s’est passé du jugement que vous portez sur vous-même. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Que pourriez-vous préparer autrement ? Repensez aussi à une situation où vous avez surmonté une difficulté : les moyens utilisés à ce moment-là peuvent vous donner un point de départ. La confiance peut se reconstruire à travers des actions modestes, dont vous pouvez constater le résultat.
Comment prendre du recul face à une situation difficile ?
Lorsque la même situation tourne en boucle dans votre tête, essayez de la décrire par écrit en séparant les faits de vos interprétations. « Mon responsable n’a pas répondu à ma demande » est un fait ; « mon travail ne l’intéresse pas » est une supposition qui reste à vérifier. Cette distinction permet de préciser ce qui vous préoccupe et les informations qui vous manquent. Prendre du recul ne signifie pas minimiser ce que vous vivez. Cela peut vous aider à décider de la suite avec davantage de clarté, quitte à demander un regard extérieur.
Comment identifier les croyances limitantes qui nous empêchent d’avancer ?
Une croyance limitante est une conviction que nous tenons pour vraie et qui réduit les possibilités que nous envisageons. Elle peut se traduire par des phrases comme « je suis trop âgé pour changer de métier » ou « je n’arriverai jamais à dire non ». Pour la repérer, écoutez ce que vous vous dites au moment de renoncer ou de repousser une démarche. Puis interrogez cette certitude : sur quoi repose-t-elle ? Avez-vous connu une exception ? En PNL, le questionnement du langage sert notamment à examiner ces conclusions, tout en tenant compte des contraintes réelles de votre situation.
Pourquoi est-ce que je reproduis toujours les mêmes schémas ?
Une réaction habituelle peut répondre à un besoin immédiat, même lorsqu’elle finit par vous coûter. Accepter une demande de trop peut éviter, sur le moment, la peur de décevoir. Repousser une décision peut soulager temporairement l’inquiétude de se tromper. Pour comprendre ce qui se répète, observez ce qui se passe juste avant votre réaction et ce que vous cherchez à préserver. Vous pourrez ensuite préparer une autre façon de répondre. Par exemple, si vous dites oui trop vite, vous accorder un délai avant de répondre vous laisse le temps d’examiner la demande.
Comment la PNL peut-elle aider à faire face à un changement de vie ?
Un changement de vie peut bousculer vos repères et rendre vos décisions plus difficiles. La programmation neurolinguistique, ou PNL, propose des outils pour examiner votre manière d’interpréter la situation, préciser ce qui compte pour vous et définir un objectif sur lequel vous pouvez agir. Lors d’une reconversion, par exemple, ce travail peut vous aider à distinguer vos craintes des informations à vérifier et à choisir une première démarche. Il ne supprime pas l’incertitude, mais offre une façon de préparer la suite en tenant compte de vos besoins et de vos possibilités.
Pour découvrir les outils de la PNL et leur mise en pratique, consultez les formations en PNL proposées par le Collège Romand.
Anne-Marie Perri
Directrice du Collège Romand, Maître enseignante en PNL








